Ce calvaire dont on parle peu le « repassage des seins »

Publié le 14 novembre 2013 par

197VDV-2007-seinsrepassageChaque année au Cameroun des milliers de jeunes filles sont victimes du « repassage des seins », une mutilation ancestrale, moins médiatisé que l’excision.

Dans un pays où l’éducation sexuelle reste taboue, une jeune Camerounaise sur dix est victime du « repassage des seins« . Le « repassage de seins » qu’est ce que c’est ? C’est une coutume qui se transmet entre les générations, en effet les mères répètent les gestes qu’elles ont elles-même subi. Freiner la poussée mammaire en écrasant la chair de la poitrine des jeunes filles avec des pierres chaudes, des pilons, voire des épluchures de bananes plantains passées au préalable sur le feu. Le but recherché ? Retarder l’âge du premier rapport sexuel en supprimant les signes extérieurs de féminité. Ces massages douloureux se déroulent dans l’intimité du cercle familial, ce qui explique en partie le silence qui entoure cette pratique pourtant répandue en Afrique équatoriale.

Une vaste campagne de sensibilisation a été lancée en 2006 par le Réseau national des associations de tantines (RENATA). Le gouvernement s’est aussi mobilisé, interpelant les parents sur les risques liés aux mutilations féminines. Aujourd’hui la prévalence du repassage des seins est certes réduite de moitié, mais le nombre élevé de jeunes filles touchées reste préoccupant. Les traumatismes psychologiques et physiques causés par cette mutilation sont nombreux : 32% des femmes se plaignent de fortes douleurs aux seins, 17% signalent des kystes et des abcès à la poitrine… Devenues mères, beaucoup ont rencontré des difficultés pour allaiter leur nouveau-né, mettant en avant un blocage mental.

Les femmes comme toutes personnes ont droit à l’intégrité physique !